Anne Raynal - Photographe plasticienne et documentariste

L'appareil photo en bandoulière, je parcours la ville l'œil aux aguets. Je ne recherche pas l'harmonie dans la ville, ni la plastique des architectures. Même si, j'aime observer les allers et venus de mes contemporains, je ne dresse pas une sociologie des urbains... mais dans les anfractuosités des murs, dans le façonnage du bitume bravé par la foule, dans les affichages, j'ausculte le passage du citadin. Artistes, simples badauds, les citadins laissent toujours des traces, des empreintes de leur passage. 

J’aime à me définir comme une “ street photographer“. Le photographe de rue a habituellement comme sujet principal la présence humaine, dans des situations originales, particulières, en milieu extérieur. Pour ma part, mon sujet est la rue dans son aspect immobilier, le dédale des rues et ruelles offre une multitude de murs où mon oeil scrute. Ces limites laissent transpirer la vie qu’ils protègent… et par illusion, mon cerveau s’exerce à percevoir des visages, là où il n’y a que des écailles, des crevasses, des trous. 
À ce regard de l’instant, figé par l’appareil photo, le cerveau qui se plait à structurer en permanence son environnement, transforme ces fragments muraux, ces détails de mobiliers urbains en figures, visages familiers.

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